.

Tao of the Robot – Episode 2

May 28th, 2010

Tensions in the Peninsula

As I am writing these lines, tension in the Korean peninsula is at its highest since 1996, when a North Korean spy submarine got stranded on South Korean shores. This time, it appears that a North Korean torpedo sank a South Korean warship – the Choenan – causing considerable international confusion and embarassement, not to mention costing the lives of 46 crew members. While Pyongyang strongly denies any wrongdoings, some anti-government conspiracy theorists in Seoul argue that the whole incident is a scare-tactic of conservative South Korean President Lee Myung-Bak just before the elections. Others, still, see the attack as a strategy by Kim Jong-Il to foster national sentiment in the face of one of the worst famines the country has ever seen.

Will we ever know what really happened and why it happened?

Meanwhile, in the unreal-time simulated reality that is “Tao of the Robot”, a brilliant young female counter-sabotage agent is on a mission to uncover the whole truth about another incident: the explosion of Shin Industries Robotics Center on Mount Surak.

Read “Tao of the Robot – Episode 2″

Tensions dans la péninsule

Alors que j’écris ces lignes, la tension dans la péninsule coréenne est à son plus haut point depuis 1996, date à laquelle un sous-marin espion nord coréen s’est échoué sur les rivages du Sud. Cette fois-ci, il semblerait qu’une torpille nord coréenne ait coulé un navire de guerre sud coréen – le Choenan – causant une confusion et un embarra internationaux considérables, pour ne rien dire de la mort de 46 membres de l’équipage. Alors que Pyongyang nie avec véhémence toute responsabilité, certains théoriciens du complot avancent que l’incident est une manoeuvre électorale du président conservateur sud coréen Lee Myung-Bak. D’autres encore voient cette attaque comme une stratégie de Kim Jong-Il pour renforcer l’unité nationale alors que la Corée du Nord traverse l’une des  pires famines de son histoire.

Saurons-nous jamais ce qui s’est réellement passé et le pourquoi du comment?

Pendant ce temps, dans la réalité simulée en temps irréel qu’est le “Tao du Robot”, un brillant jeune agent féminin du contre-sabotage a pour mission de faire toute la lumière sur un autre incident: l’explosion du Centre de Robotique Shin Industries sur le Mont Surak.

Lire “Le Tao du Robot – Episode 2″

Philip K. Dick and H.P. Lovecraft

April 27th, 2010

Two biographies

I have recently re-read these two great literary biographies: “I Am Alive and You Are Dead: A Journey into the Mind of Philip K. Dick” by Emmanuel Carrere and “H. P. Lovecraft: Against the World, Against Life” by Michel Houellebecq. Both are suberbly written (Carrere won the Femina Prize, Houellebecq is France’s critically-acclaimed enfant terrible) and both venture far beyond the factual retelling of life events, into a realm that each biographer seems uniquely suited to explore.

In the case of Philip K. Dick, his life is illuminated through constant parallels with his fiction. Carrere’s thesis, basically, is that Dick’s stories are thinly-disguised autobiographies (Dick himself claimed he was writing mere “reports”) that can, when cross-referenced with biographical events, yield unprecedented insights into the author’s psyche. The result is a deeply empathic portrait of a troubled man, who might have come across as a complete nutcase or, worse, as another asshole if it weren’t for Carrere’s deep empathy and breezy style.

Houellebecq’s biography is empathic too–as much as one misanthrope can be of another misanthrope–but much more gloomy. From Lovecraft’s eerily glacial picture on the book cover to Houellebecq’s spare and crisp wording, everything conspires to the feeling of dignified alienation and despair. The least savory aspects of Lovecraft’s personality are examined with an unflinching eye by a biographer who shares his subject’s disillusionment as well as his chronic depression.

Both biographies also have in common the sincere admiration of a successful writer who, although he may have outgrown his adolescent fanboy status, recognizes the quasi-prophetic dimension of his favorite pulp writer. For Dick, it is the increasingly relevant questioning of reality, as evidenced by the slew of Hollywood movies inspired by his stories. For Lovecraft, it is the dark poetic fascination of a inhuman cosmos where “with strange aeons even death may die.”

Deux biographies

J’ai récemment relu ces deux très bonnes biographies littéraires: “Je suis vivant et vous êtes morts” d’Emmanuel Carrère et “Contre le monde, contre la vie” de Michel Houellebecq. Toutes deux sont superbement écrites (Carrère est lauréat du prix Femina, on ne présente plus Houellebecq) et toutes deux s’aventurent bien au-delà de la retranscription des évènements d’une vie, pour aborder un territoire que chaque biographe semble particulièrement apte à explorer.

Dans le cas de Philip K. Dick, sa vie est illuminée par des parallèles constants avec son oeuvre. La thèse de Carrère, en résumé, est que les histoires de Dick sont des autobiographies à peine voilées (Dick lui même affirmait n’écrire que de simples “rapports”) qui peuvent, quand elles sont recoupées avec des évènements biographiques, nous faire pénétrer profondément la psyché de l’auteur. Le résultat est le portrait d’un homme à l’esprit troublé, qui aurait pu passer pour un complet cinglé ou, pire, pour le dernier des connards, s’il ne bénéficiait de l’empathie et du style enjoué de Carrère.

La biographie de Houellebecq fait aussi preuve d’empathie, autant qu’un misanthrope peut en éprouver pour un autre misanthrope, mais le résultat est beaucoup plus glauque. Depuis la photographie étrangement glaciale de Lovecraft en couverture jusqu’au style économe et précis de Houellebecq, tout concours à un digne sentiment d’aliénation et de désespoir. Les aspects les moins flatteurs de la personnalité de Lovecraft sont examinés d’un oeil chirurgical par un biographe qui partage la désillusion de son sujet, ainsi que sa dépression chronique.

Les deux biographies ont également en commun l’admiration sincère d’un écrivain à succès qui, bien qu’il ait dépassé son statut de groupie, reconnaît la dimension quasi-prophétique de son auteur populaire préféré. Pour Dick, c’est le questionnemement du réel, de plus en plus d’actualité si l’on en juge par la flopée de films hollywoodiens qui s’inspirent de ses histoires. Pour Lovecraft, c’est la sombre fascination poétique d’un cosmos inhumain où “au cours d’étranges éons peut mourir même la mort”.


Fire and Monsters

February 21st, 2010

Fire and Monsters

Last December, my son K. (4 1/2) woke up one morning and joyfully sang this song:

“The stars in the sky
Fire and monsters
What to do?
No one knows…”

Le Feu et les Monstres

En décembre dernier, mon fils K. (4 ans et demi) s’est réveillé un matin et s’est mis à chanter joyeusement cette chanson:

“Les étoiles dans le ciel
Le feu et les monstres
Comment faire?
On ne sait pas…”

Japanese toys

November 1st, 2009

blog-ultramen-1blog-kaijus-1

From my son’s toy chest

Various Ultramen (some Korean, some Chinese, one from Japan in the center with the articulated arms). Various kaijus (mostly legit from Japan): monsters from the Ultaman series plus a few classic Toho monsters (Hedorah, King Ghidhorah, Mechagodzilla). Right: Korean DX Juuken Gattai Geki Touja.

Sortis du coffre a jouets de mon fils

Divers Ultramen (coréens, chinois, celui au centre avec les bras articulés est japonais). Divers kaijus (la plupart japonais): des monstres de la série “Ultraman” plus quelques classiques de la Toho (Hedorah, King Ghidhorah, Mechagodzilla). Ci-contre: DX Juuken Gattai Geki Touja (version coréenne).


blog-wild-spirit-1

Baston Streumon

October 30th, 2009

blog-baston-1

All Monsters Attack!

“Baston Streumon” (French slang for “Monster Melee”) is a simple battle card game for kids 4 years old and up. It is loosely based on the classic “Bataille” card game.

I designed this game for my four-year-old son who loves giant robots and monsters. He also likes collectible card games but those are too complicated for him to play and only encourage buying more and more “booster” packs to stay on top of the game.

“Baston Streumon” however is self-contained and the rules are simple enough that they can be easily understood (although not necessarily accepted) by my son.

The main educational value, I think, is simply the fact that this is based on human interaction — no screens or buttons here. Additional benefits include: encouraging fair-play, understanding game mechanics and reviewing basic numbers.

Free download

Tous les monstres attaquent!

“Baston Streumon” est un jeu de cartes tout simple pour les enfants dès 4 ans, plus ou moins basé sur la “Bataille” classique.

J’ai crée ce jeu pour mon fils de quatre ans qui adore les robots géants et les monstres. Il aime aussi les jeux de cartes à collectionner, mais les règles sont trop compliquées pour lui et ce genre de jeu encourage surtout l’achat de “booster packs” pour rester compétitif.

“Baston Streumon”, par contre, se suffit à elle-même et les règles sont suffisamment simples pour que mon fiston les comprenne (même s’il n’est pas toujours d’accord pour les suivre).

L’alibi éducatif, à mon avis, tient simplement au fait que tout est basé sur l’interaction entre humains: pas d’écrans ni de boutons ici. Et il y a d’autres avantages comme apprendre le fair-play, comprendre le fonctionnement du jeu et réviser les nombres.

Télécharger gratuitement

blog-baston-2

Milton Glaser

October 29th, 2009

Milton Glaser draws and lectures

In this short video, Milton Glaser talks about the relationship between drawing and consciousness. “The act of drawing makes me conscious of what I am looking at,”  he says.  Glaser also laments the fact that art school have all but abandoned drawing practice to spend more time teaching how to use computer programs. “Now people have what they need for their professional life. But what they don’t have is a fundamental instrument for understanding the reality of that life.”

Un dessin et une causerie de Milton Glaser

Dans ce petit film, Milton Glaser parle du lien entre le dessin et la conscience. “Le fait de dessiner me rend conscient de ce que je regarde”, dit-il.  Glaser regrette également que les écoles d’art aient presque complètement abandonné la pratique du dessin afin de passer plus de temps à enseigner l’utilisation des logiciels. “Maintenant les gens ont ce qu’il leur faut pour leur vie professionnelle. Mais ce qu’ils n’ont pas, c’est un instrument fondamental pour comprendre la realité de cette vie.”

Joann Sfar and Jack Kirby

October 26th, 2009

blog-sfar-kirby-1

“Jack Kirby is the Messiah”

Joann Sfar has a cool article on the September page of his blog, where he confesses that, for him, Jack Kirby is the Messiah. I thought these two were as far apart as possible on the comics spectrum, but on second thought, there are some similarities.

Says Sfar: “I learned how to read with superhero comics, specially Kirby’s. There, I found an elemental kind of magic, grounded in water, fire, cracked wood. My six-panel grid, my golems and my treemen come from him. And when I was a teenager, well-versed in the occult, superstition, the Tarot and Theosophy, I noticed this coincidence: Jack Kirby, a.k.a. Yaacov Kurtzberg, was born on 08/28/1917 …and me on 08/28/1971. Whoa! When I realized that I went crazy! What’s more, he had the same Hebrew name as my father. So, in my mind, he was the Messiah and I was his secret child. And then I forgot all this. And then, I don’t know why, it’s coming back these days.”

“Jack Kirby est le Messie”

Joann Sfar a écrit un article sympa sur la page de septembre de son blog, où il explique pourquoi, pour lui, Jack Kirby est le Messie. Je pensais que ces deux-là étaient aussi distants que possible sur l’éventail de la BD, mais, en y réfléchissant, c’est vrai qu’il y a des points communs.

D’après Sfar: “J’ai appris à lire dans les comix de super-héros, et en particulier dans ceux de Kirby. J’y trouvais une magie élémentaire, à base d’eau, de feu, de bois craquelé. Mes six cases par page, mes golems et mes hommes arbres viennent de chez lui. Et quand j’étais adolescent, très versé dans l’ésotérisme, la superstition, les tarots et la théosophie, je me suis aperçu de cette coïncidence: Jack Kirby, alias Yaacov Kurtzberg, est né le 28/08/1917 …et moi le 28/08/1971…ouah! quand j’ai appris ça j’étais fou! en plus il avait le même prénom hébraïque que mon père. Donc, dans mon esprit, c’était le Messie et j’étais son enfant secret. Et puis j’ai oublié tout ça. Et puis je ne sais pas pourquoi ça se réveille ces jours-ci.”

The Chinese Room

July 20th, 2009

blog-chinese-1

Who killed the Golden Calf?

The motivation behind “The Chinese Room” is simple. Like John Bichon, the main character in the story, I was starting to feel pretty unnerved by the constant flow of economic gloom and doom. I needed to get it out of my system.

The idea was to set a classic crime story against the apocalyptic backdrop of the financial crisis. The economy has its own mythology, its own colorful language and symbolic system. While I was researching the story I encountered many words and expressions that had been emptied of their meaning and given sinister overtones. Words like “slice” or “appetite”… All I had to do was to take them literally to convey the impression of a world that was unmistakably our own but had somehow been made outlandish by a cancerous economy.

Like Marlow in Conrad’s Heart of Darkness, John Bichon serves as our proxy in this inexorable descent into horror. The alien landscape he discovers in none other than our current cultural wasteland, a nightmare we can’t wake up from.

Read “The Chinese Room”

Qui a tué le veau d’or?

La motivation derrière “La Chambre chinoise” est simple. Comme John Bichon, le personnage principal de l’histoire, je me sentais de plus en plus oppressé par le flot constant de mauvaises nouvelles économiques. J’avais besoin de faire sortir tout ça!

L’idée était de projeter un polar classique sur la toile de fond apocalyptique de la crise financière. L’économie a sa propre mythologie, son propre langage coloré et son système symbolique.  Au cours de mes recherches préparatoires, j’ai rencontré beaucoup de mots et d’expressions vidés de leur sens et devenus lourds de sinistres sous-entendus. Des mots comme “tranches” ou “appétit”… Il me suffisait de les prendre au pied de la lettre pour transmettre l’image d’un monde à la fois familier et en même temps rendu méconnaissable par les effets d’une économie cancéreuse.

Comme Marlow dans Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, John Bichon nous sert de substitut dans cette inexorable descente vers l’horreur. Le paysage inhumain qu’il découvre n’est autres que notre désert culturel actuel, un cauchemar dont nous ne parvenons pas à nous éveiller.

Lire “La Chambre chinoise”

Secret Origin

July 20th, 2009

blog-secret-1

24-Hour Comic 2008

“In 1990, I dared my friend Steve Bissette to draw a complete 24-page comic in a single day. To seal the deal, I agreed to do one too. I did mine, Steve did his, and two decades later, thousands of cartoonists have taken that same challenge.” –  Scott McCloud

Well, on October 18th 2008, my friend The Mirrorball Man and I took part in the great 24-Hour Comic Day challenge and boy, what an experience! He finished his comic in a little more than 21 hours, all the while posting it on his deviantArt gallery. It took me 28 hours and 30 minutes to complete mine.

As specified by the rules, you are not allowed to prepare anything before you start. Some people use a dictionary or the day’s headline to find inspiration. I had asked my friends and family to post idea seeds on my blog. I would only read them on the morning of the 18th. I was lucky, I got a few good responses: my sister wanted to hear about a giant and a fairy, her kids about a superhero named “Birdman” and a strange little girl who likes to eat stones. So instead of picking one idea, I tried to fuse them all into one storyline. Oh, the anguish! Scott McCloud had this warning: “doing it alone—though a bit bleak—can have a peculiar allure and can feel like a rite-of-passage, crossing-the-desert kind of thing. No, really. I’m serious! Oh, never mind….”

You were right Scott. And thanks for the adventure!

Read “Secret Origin”

24 Heures de la BD 2008

“En 1990, j’ai défié mon ami Steve Bissette de dessiner un comic de 24 pages complet en un seul jour. Afin de conclure le marché, je me suis engagé à en faire un aussi. J’ai fait le mien, Steve a fait le sien, et deux décennies plus tard, des miliers de dessinateurs ont relevé ce même défi.” –  Scott McCloud

Eh bien, le 18 octobre 2008, mon ami The Mirrorball Man et moi avons pris part au grand défi du 24-Hour Comic Day et ma foi, ce fut une sacrée expérience! Il a fini son comic en un peu plus de 21 heures, tout en publiant en direct sa progression sur deviantArt. Moi j’ai mis 28 heures et 30 minutes pour terminer le mien.

Comme le précise le règlement, on ne peut rien préparer avant le départ. Certains se servent du dictionnaire ou des gros titres du jour pour trouver l’inspiration. J’avais demandé aux amis et à la famille de mettre des graines d’idées sur mon blog. Je ne les lirais qu’au matin du 18. J’ai eu de la chance, j’ai reçu quelques bonnes suggestions: ma soeur voulait une histoire avec un géant et une fée et ses enfants réclamaient un super-héro appelé “L’Homme Oiseau” et une étrange petite fille qui mange des cailloux. Alors au lieu de choisir une idée, j’ai essayé de les fusionner. Pauvre de moi! Scott McCloud avait prévenu: “le faire en solitaire, bien qu’un peu morne, peut avoie un attrait particulier et peut être vécu comme un rite de passage ou une sorte de traversée du désert. Non, vraiment. Je suis sérieux! Oh et puis tant pis….”

T’avais raison, Scott. Et merci encore pour l’aventure!

Lire “Secrète origine”