Archive for July, 2009

The Chinese Room

Monday, July 20th, 2009

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Who killed the Golden Calf?

The motivation behind “The Chinese Room” is simple. Like John Bichon, the main character in the story, I was starting to feel pretty unnerved by the constant flow of economic gloom and doom. I needed to get it out of my system.

The idea was to set a classic crime story against the apocalyptic backdrop of the financial crisis. The economy has its own mythology, its own colorful language and symbolic system. While I was researching the story I encountered many words and expressions that had been emptied of their meaning and given sinister overtones. Words like “slice” or “appetite”… All I had to do was to take them literally to convey the impression of a world that was unmistakably our own but had somehow been made outlandish by a cancerous economy.

Like Marlow in Conrad’s Heart of Darkness, John Bichon serves as our proxy in this inexorable descent into horror. The alien landscape he discovers in none other than our current cultural wasteland, a nightmare we can’t wake up from.

Read “The Chinese Room”

Qui a tué le veau d’or?

La motivation derrière “La Chambre chinoise” est simple. Comme John Bichon, le personnage principal de l’histoire, je me sentais de plus en plus oppressé par le flot constant de mauvaises nouvelles économiques. J’avais besoin de faire sortir tout ça!

L’idée était de projeter un polar classique sur la toile de fond apocalyptique de la crise financière. L’économie a sa propre mythologie, son propre langage coloré et son système symbolique.  Au cours de mes recherches préparatoires, j’ai rencontré beaucoup de mots et d’expressions vidés de leur sens et devenus lourds de sinistres sous-entendus. Des mots comme “tranches” ou “appétit”… Il me suffisait de les prendre au pied de la lettre pour transmettre l’image d’un monde à la fois familier et en même temps rendu méconnaissable par les effets d’une économie cancéreuse.

Comme Marlow dans Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, John Bichon nous sert de substitut dans cette inexorable descente vers l’horreur. Le paysage inhumain qu’il découvre n’est autres que notre désert culturel actuel, un cauchemar dont nous ne parvenons pas à nous éveiller.

Lire “La Chambre chinoise”

Secret Origin

Monday, July 20th, 2009

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24-Hour Comic 2008

“In 1990, I dared my friend Steve Bissette to draw a complete 24-page comic in a single day. To seal the deal, I agreed to do one too. I did mine, Steve did his, and two decades later, thousands of cartoonists have taken that same challenge.” –  Scott McCloud

Well, on October 18th 2008, my friend The Mirrorball Man and I took part in the great 24-Hour Comic Day challenge and boy, what an experience! He finished his comic in a little more than 21 hours, all the while posting it on his deviantArt gallery. It took me 28 hours and 30 minutes to complete mine.

As specified by the rules, you are not allowed to prepare anything before you start. Some people use a dictionary or the day’s headline to find inspiration. I had asked my friends and family to post idea seeds on my blog. I would only read them on the morning of the 18th. I was lucky, I got a few good responses: my sister wanted to hear about a giant and a fairy, her kids about a superhero named “Birdman” and a strange little girl who likes to eat stones. So instead of picking one idea, I tried to fuse them all into one storyline. Oh, the anguish! Scott McCloud had this warning: “doing it alone—though a bit bleak—can have a peculiar allure and can feel like a rite-of-passage, crossing-the-desert kind of thing. No, really. I’m serious! Oh, never mind….”

You were right Scott. And thanks for the adventure!

Read “Secret Origin”

24 Heures de la BD 2008

“En 1990, j’ai défié mon ami Steve Bissette de dessiner un comic de 24 pages complet en un seul jour. Afin de conclure le marché, je me suis engagé à en faire un aussi. J’ai fait le mien, Steve a fait le sien, et deux décennies plus tard, des miliers de dessinateurs ont relevé ce même défi.” –  Scott McCloud

Eh bien, le 18 octobre 2008, mon ami The Mirrorball Man et moi avons pris part au grand défi du 24-Hour Comic Day et ma foi, ce fut une sacrée expérience! Il a fini son comic en un peu plus de 21 heures, tout en publiant en direct sa progression sur deviantArt. Moi j’ai mis 28 heures et 30 minutes pour terminer le mien.

Comme le précise le règlement, on ne peut rien préparer avant le départ. Certains se servent du dictionnaire ou des gros titres du jour pour trouver l’inspiration. J’avais demandé aux amis et à la famille de mettre des graines d’idées sur mon blog. Je ne les lirais qu’au matin du 18. J’ai eu de la chance, j’ai reçu quelques bonnes suggestions: ma soeur voulait une histoire avec un géant et une fée et ses enfants réclamaient un super-héro appelé “L’Homme Oiseau” et une étrange petite fille qui mange des cailloux. Alors au lieu de choisir une idée, j’ai essayé de les fusionner. Pauvre de moi! Scott McCloud avait prévenu: “le faire en solitaire, bien qu’un peu morne, peut avoie un attrait particulier et peut être vécu comme un rite de passage ou une sorte de traversée du désert. Non, vraiment. Je suis sérieux! Oh et puis tant pis….”

T’avais raison, Scott. Et merci encore pour l’aventure!

Lire “Secrète origine”

Tao of the Robot – Episode 1

Monday, July 20th, 2009

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Cyberpunk and Folktales

With “Tao of the Robot”, I wanted to write a mix of cyberpunk and folktale. Cyberpunk is the science fiction genre made popular by the novel Neuromancer (1984), the anime Ghost in the Shell (1995) and the movie The Matrix (1999). It has been part of our pop culture long enough now that its themes, settings and characters have become archetypes.

I wanted to have some fun with conventions, but at the same time I didn’t set out to write a parody. It was more about tweaking a genre I genuinely like. The concept of transgenre cyberpunk isn’t new and Shadowrun (1989) was probably in the back of my mind, but I didn’t want to veer that far into fantasy either.

Cyberpunk is conventionally dark and gritty, pessimistic even. But there is one thing it is not pessimistic about, and that’s technological progress.  In the scientific world too, there are people like Ray Kurzweil who are convinced we are approaching not just the Age of Intelligent Machines (1987) but the Age of Spiritual Machines (1999). Given the present stupidity of most machines, I find this exceedingly hard to believe.

But you never know! So I decided to run a simulation in my own fictional universe. It’s running entirely on good old wetware, so please be patient with the computation. Now let’s have some fun with machine consciousness!

Read “Tao of the Robot – Episode 1″

Cyberpunk et folklore

En écrivant “Le Tao du robot”, je voulais mélanger cyberpunk et folklore. Le cyberpunk, c’est ce genre appartenant à la science fiction et rendu populaire par le roman Neuromancien (1984), l’animé Ghost in the Shell (1995) et le film Matrix (1999). Il fait partie de notre paysage médiatique depuis assez longtemps pour que ses thèmes, ses décors et ses personnages soient devenus des archétypes.

Je voulais m’amuser un peu avec les conventions, mais en même temps mon intention n’était pas d’écrire un parodie. J’avais plutôt envie de jouer avec les boutons d’un genre qui m’est cher. Le concept de cyberpunk “transgenre” n’est pas nouveau et j’ai probablement été influencé par Shadowrun, mais je ne voulais pas non plus sombrer dans l’héroïc fantasy.

Le cyberpunk est traditionnellement sombre et dur, pessimiste même. Il y a un domaine cependant qui échappe à ce pessimisme, c’est le progrès technique. Dans le monde des sciences également, on trouve des gens comme Ray Kurzweil qui sont convaincus de l’avènement de l’Age des Machines Intelligentes (1987), et même de l’Age des Machines Spirituelles (1999). Vu la stupidité des machines actuelles, je trouve ça excessivement difficile à croire.

Mais il ne faut jurer de rien! J’ai donc décidé de lancer une simulation dans mon propre univers de fiction. Les calculs sont faits entièrement de tête alors veuillez être patients. C’est le moment de nous amuser un peu avec la conscience machinique!

Lire “Le Tao du robot – Episode 1″

Fusion Comics

Wednesday, July 8th, 2009

Fusion Comics – What’s that?

Just like fusion cuisine mixes ingredients and flavors from different parts of the world, fusion comics borrow from different artistic traditions without belonging to any one in particular. When you don’t belong to any specific tradition or market, you are free from expectations. Basically, fusion comics is just my term for experimenting with form and content, trying out alternative ‘business’ models and thinking critically about all aspects of the comic medium.

Fusion is also an ongoing attempt to resolve the apparent opposition between East and West, Myth and Modernity, Free and Pay, Mainstream and Underground, Words and Images, Story and Art.

Finally, fusion is what happens in that elusive moment when your mind’s eye hovers over the blank space between two pannels. That’s where comics work their magic.

I hope you’ll enjoy it.

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Les comics fusion – c’est quoi?

De même que la cuisine fusion mélange les ingrédients et les saveurs de diverses parties du monde, les comics fusion empruntent à différentes traditions artistiques, tout en n’appartenant à aucune d’entre elles. Quand on n’appartient pas à une tradition ou à un marché spécifique, on est plus libre d’essayer de nouvelles choses. En fait, le terme “comics fusion” est juste un prétexte pour expérimenter avec la forme et le contenu, rechercher des alternatives au modèle commercial standard, et plus généralement, essayer de penser de façon critique à la bande dessinée sous tous ses aspects.

La Fusion, c’est aussi le projet de réfléchir aux rapports apparemment contradictoires entre l’Orient et l’Occident, le Mythe et la Modernité, le Libre et le Limité, le Commercial et l’Alternatif, le Texte et le Dessin, l’Art et la Narration.

Enfin, la fusion, c’est ce qui se produit durant cet instant insaisissable où l’oeil de l’esprit traverse l’espace blanc entre deux cases. C’est là qu’opère la magie de la bande dessinée.

J’espère que ça vous plaira.

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