Archive for April, 2010

Philip K. Dick and H.P. Lovecraft

Tuesday, April 27th, 2010

Two biographies

I have recently re-read these two great literary biographies: “I Am Alive and You Are Dead: A Journey into the Mind of Philip K. Dick” by Emmanuel Carrere and “H. P. Lovecraft: Against the World, Against Life” by Michel Houellebecq. Both are suberbly written (Carrere won the Femina Prize, Houellebecq is France’s critically-acclaimed enfant terrible) and both venture far beyond the factual retelling of life events, into a realm that each biographer seems uniquely suited to explore.

In the case of Philip K. Dick, his life is illuminated through constant parallels with his fiction. Carrere’s thesis, basically, is that Dick’s stories are thinly-disguised autobiographies (Dick himself claimed he was writing mere “reports”) that can, when cross-referenced with biographical events, yield unprecedented insights into the author’s psyche. The result is a deeply empathic portrait of a troubled man, who might have come across as a complete nutcase or, worse, as another asshole if it weren’t for Carrere’s deep empathy and breezy style.

Houellebecq’s biography is empathic too–as much as one misanthrope can be of another misanthrope–but much more gloomy. From Lovecraft’s eerily glacial picture on the book cover to Houellebecq’s spare and crisp wording, everything conspires to the feeling of dignified alienation and despair. The least savory aspects of Lovecraft’s personality are examined with an unflinching eye by a biographer who shares his subject’s disillusionment as well as his chronic depression.

Both biographies also have in common the sincere admiration of a successful writer who, although he may have outgrown his adolescent fanboy status, recognizes the quasi-prophetic dimension of his favorite pulp writer. For Dick, it is the increasingly relevant questioning of reality, as evidenced by the slew of Hollywood movies inspired by his stories. For Lovecraft, it is the dark poetic fascination of a inhuman cosmos where “with strange aeons even death may die.”

Deux biographies

J’ai récemment relu ces deux très bonnes biographies littéraires: “Je suis vivant et vous êtes morts” d’Emmanuel Carrère et “Contre le monde, contre la vie” de Michel Houellebecq. Toutes deux sont superbement écrites (Carrère est lauréat du prix Femina, on ne présente plus Houellebecq) et toutes deux s’aventurent bien au-delà de la retranscription des évènements d’une vie, pour aborder un territoire que chaque biographe semble particulièrement apte à explorer.

Dans le cas de Philip K. Dick, sa vie est illuminée par des parallèles constants avec son oeuvre. La thèse de Carrère, en résumé, est que les histoires de Dick sont des autobiographies à peine voilées (Dick lui même affirmait n’écrire que de simples “rapports”) qui peuvent, quand elles sont recoupées avec des évènements biographiques, nous faire pénétrer profondément la psyché de l’auteur. Le résultat est le portrait d’un homme à l’esprit troublé, qui aurait pu passer pour un complet cinglé ou, pire, pour le dernier des connards, s’il ne bénéficiait de l’empathie et du style enjoué de Carrère.

La biographie de Houellebecq fait aussi preuve d’empathie, autant qu’un misanthrope peut en éprouver pour un autre misanthrope, mais le résultat est beaucoup plus glauque. Depuis la photographie étrangement glaciale de Lovecraft en couverture jusqu’au style économe et précis de Houellebecq, tout concours à un digne sentiment d’aliénation et de désespoir. Les aspects les moins flatteurs de la personnalité de Lovecraft sont examinés d’un oeil chirurgical par un biographe qui partage la désillusion de son sujet, ainsi que sa dépression chronique.

Les deux biographies ont également en commun l’admiration sincère d’un écrivain à succès qui, bien qu’il ait dépassé son statut de groupie, reconnaît la dimension quasi-prophétique de son auteur populaire préféré. Pour Dick, c’est le questionnemement du réel, de plus en plus d’actualité si l’on en juge par la flopée de films hollywoodiens qui s’inspirent de ses histoires. Pour Lovecraft, c’est la sombre fascination poétique d’un cosmos inhumain où “au cours d’étranges éons peut mourir même la mort”.